13 juillet 2026 — Gladys Winkler Docourt, Fondatrice & consultante

Les trois capacités stratégiques des organisations dans un monde fluctuant

Dans un monde fluctuant, les organisations doivent cultiver trois capacités inspirées du vivant : la mise en relation, la création de valeur utile et l'adaptabilité.

Réflexions

Dans un monde fluctuant, les organisations doivent disposer de nouvelles capacités inspirées du vivant : la mise en relation, la création de valeur utile et l'adaptabilité. Ces concepts ont notamment été développés par Olivier Bouche (robustesse.org), qui a formé plusieurs cabinets de conseil à la manière d'opérationnaliser la robustesse.

La mise en relation et la capacité à créer des liens

Cela implique de rechercher puis de travailler avec des partenaires. L'empathie est essentielle pour comprendre leurs besoins, leurs craintes, leurs attentes. Il s'agit ensuite de fédérer les différents acteurs. Cela doit notamment permettre de créer de la « redondance », d'éviter les dépendances critiques et qu'une seule organisation ou personne doive assumer une activité essentielle : on absorbe les chocs ensemble ! La mise en relation permet aussi de capitaliser sur les forces de chacun. Pour qu'elle dure, il est important de prendre soin des partenaires et de clarifier l'implication de chacun et le sens partagé.

Créer de la valeur utile

L'écosystème ainsi mis sur pied doit créer de la valeur utile pour l'ensemble des parties prenantes et pour le système en général. Il s'agit de clarifier le but poursuivi, les objectifs à atteindre et les actions prioritaires. Le collectif doit être aligné sur les missions à accomplir, ce qui passe notamment par la création d'une vision partagée générant de la valeur pour tout l'écosystème.

La valeur créée par le collectif doit être supérieure à celle produite individuellement par chacune des organisations qui le composent. Il y a aussi un enjeu à faire reconnaître cette valeur, en particulier pour les organisations sans but lucratif qui contribuent à des éléments difficilement mesurables (lien social, intégration, etc.). C'est également autour de cette capacité que se posent les questions de modèle d'affaires et de viabilité à long terme : une organisation ne peut être durablement déficitaire ; elle a besoin de revenus, subventions ou prestations vendues. Les rôles et responsabilités doivent être clairement répartis, et il importe d'analyser ponctuellement le fonctionnement du collectif pour faire évoluer les pratiques.

S'adapter

Dans un monde fluctuant, il faut être en mesure de s'adapter, d'absorber les vagues et donc de disposer de marges pour absorber les imprévus. Il s'agit aussi d'être à l'écoute des signaux faibles. La capacité d'adaptation passe par l'exploration, l'innovation et l'expérimentation. Elle peut aller jusqu'à se réinventer et inverser le sens. Par exemple, la biscuiterie Maison Dandoy, en Belgique, a questionné sa finalité et est arrivée à la conclusion suivante :

« L'homme n'est pas là pour se nourrir du vivant, le vivant est là pour nourrir l'homme. »
Maison Dandoy — biscuiterie, Belgique

La culture de l'innovation, dans ses différentes dimensions — de la sécurité psychologique à l'organisation apprenante — est clé.