La Pérennité programmée circulaire
Et si l’industrie vendait non plus des objets, mais des performances d’usage durables ? La Pérennité programmée circulaire propose un modèle fondé sur la coopération, la réparation et les compétences locales pour réconcilier économie et environnement.
Inspirations
La Pérennité programmée circulaire (PPC), c’est une autre manière de concevoir l’industrie, pour la rendre davantage compatible avec les enjeux environnementaux tout en s’inscrivant dans le système économique. L’idée sur le papier est à la fois simple et géniale : vendre de la performance d’usage. Par exemple l’usage que permet un scooter – livrer des repas en ville.
Spoiler alert : la mise en pratique n’est pas évidente. Pour de nombreuses raisons.
Elle implique de réfléchir à une nouvelle architecture économique, juridique, fiscale, de considérer le temps long, dans un système qui priorise plutôt le court terme.
Elle implique de la curiosité – s’intéresser au client, aux usages qu’il fait vraiment, pour fabriquer des biens pleinement adaptés. Et certains usages dépassent parfois l’imagination des ingénieurs les plus extravagants ! Par exemple sauter un muret de 80 cm avec un scooter… Des données remontent grâce à l'IoT. Mais il y a aussi de l’échange en face à face. Des interviews, des observations pour comprendre ce que le client fait. Les attentes des parties, les modalités de la collaboration sont ensuite documentées et codifiée dans une convention d’usage, rédigée dans l’intérêt des deux parties, de manière claire, transparente.
La PPC implique aussi de créer tout un écosystème et de coopérer entre des acteurs très différents. En se rappelant que la coopération se cultive et ne se décrète pas.
Au sein de l’entreprise, qui dépasse les silos et travaille de manière transversale. Quand la comptabilité travaille avec le service client, avec le bureau technique ou encore le service juridique. Les relations sont plus horizontales. Parce qu’on a besoin de la connaissance de toutes et tous au sein de l’entreprise. Le comptable a des éléments pertinents à faire valoir, comme la juriste et comme la responsable du bureau technique. Ce sont des vues différentes d’une même problématique.
La coopération se développe aussi sur le territoire et avec l’ensemble de la supply chain. Parce qu’un bien qui se démonte et se répare nécessite des biens conçus pour durer, des pièces de rechange et des opérateurs à même de réparer.
La coopération implique aussi des relations avec les Hautes Ecoles pour favoriser la recherche et développement, avec des organismes de réinsertion, pour disposer de personnel qui effectuera toute une série de tâches essentielles, avec des écoles techniques, pour former des opérateurs et les faire monter en compétence.
La PPC mérite réflexion. Elle permet la création de nouveaux jobs, ici, dans notre territoire. Des jobs qui demandent des compétences qu’une IA n’aura (vraisemblablement) jamais : en voyant une pièce, en entendant le bruit qu’elle fait, un opérateur imaginera son avenir ; il redonnera une seconde vie aux différentes pièces qui composent un bien.
La PPC donne des pistes pour imaginer à quoi ressembleront nos entreprises demain, et comment notre territoire pourra relever les enjeux. Parce que tout est lié.
Pour en savoir plus: rendez-vous sur Sator, avec Christian Bruère, mais aussi Maxence Denu et Alain Fercoq,